À la médiathèque de Villepinte, projections dans le cadre du mois du film documentaire
![]() | juil 2010 |
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Médiathèque de Villepinte
251, boulevard Ballanger
93420 Villepinte
» Retrouvez ici l’annonce sur le site de la médiathèque de Villepinte.
Pour la deuxième édition du Mois du film documentaire à Villepinte, la médiathèque a choisi deux films dans lesquels sont mis en regard le rapport qu’entretiennent des femmes à la prison, qu’elles soient à l’intérieur (détenues) ou à l’extérieur (dans l’attente du parloir). Elles vivent toutes dans un va et vient constant entre le dedans et le dehors, entre échappée rêvée et enfermement subi. Dans ces films il est question de désir, d’amour, de rêve, de courage, de temps qui passe, du temps qu’il reste.
La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice, Sylvaine Dampierre.
Le centre pénitentiaire de Rennes est une prison pour femmes au cœur de la ville. Ce bâtiment ancien, à l’architecture imposante, comporte à l’intérieur de ses murs un vrai jardin. Situé derrière la chapelle, il est ouvert aux prisonnières sous la responsabilité de l’aumônier. Dans la spirale de l’enfermement, c’est un espace où briser la monotonie des jours, où se réapproprier le temps. Ce jardin modeste, presque dérisoire, ouvre une voie vers la reconquête de soi, permet une pause dans la contrainte.
Le film s’ancre au jardin pour filmer la prison dans ses failles, l’univers carcéral à partir de ses vides, et parce que la rencontre et l’échange y sont possibles. Les femmes de Rennes disent du jardin qu’« il est le seul lieu dans la prison où on ne se sent pas en prison ».
Au jardin, s’ouvre un espace pour la parole comme acte de résistance, comme témoignage de liberté.
La rencontre sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Stéphane Mercurio, et de deux conseillères d’insertion et de probation du SPIP de la maison d’arrêt de Villepinte.
Des femmes qui attendent, qui se font belles, qui se remontent le moral, qui craquent parfois espèrent toujours.
Dans la petite maison de l’association Ti-Tomm, accolée au mur de la prison des hommes à Rennes, on attend l’heure du parloir. Les familles arrivent à l’avance, toujours. Quelques secondes de retard, et la porte de la prison restera fermée. On vient une, deux, trois fois par semaine, chaque semaine, pendant des mois voire des années. Ce sont majoritairement des femmes ; ces pénélopes des temps modernes vivent au rythme de leur homme à l’ombre. Le temps est suspendu, la vie comme arrêtée. L’arbitraire de la prison, les transferts, les interdits sont leur quotidien.
En faisant le choix de rester résolument « à côté » de la prison – du côté des familles – le film propose paradoxalement une approche éminemment frontale de ce qu’est la réalité carcérale.
La prison en creux. La vie sans l’autre. Mais sûrement pas à côté de la vie.
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