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Théa Rojzman
Sandrine Revel

Grand Silence

Glénat
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La présentation chez l’éditeur

Le livre

Dans un monde imaginaire, sur une île inconnue, vivent des humains qui nous ressemblent. Des hommes, des femmes et des enfants. Des agresseurs et des victimes, parfois les deux. Et sur la plus haute colline, une sorte d’usine géante œuvre depuis toujours. Cet étrange bâtiment aux couleurs criardes a pour mission d’avaler les cris rendus muets des enfants. Elle s’appelle Grand Silence.

L’avis

Ecrire un roman graphique sur les violences sexuelles n’est jamais chose facile. Il y a la grande difficulté de trouver le juste équilibre entre le fond et la forme. C’est la toute la force de ce « Grand Silence » : la dureté du sujet allié à la douceur – non sans rappelé les dessins d’enfant – de l’illustration de Sandrine Revel. Tout est dit, exploré avec justesse, sans brutalité. L’œuvre fourmille de métaphores allant de la transposition du mal être des enfants par des métamorphoses physiques monstrueuses, à la création d’un bestiaire des émotions (les petites bêtes « aine » et « onte » par exemple).
Ce choix du conte permet une forme d’anonymat des adultes responsables de violence, mais aussi une dénonciation : les agresseurs sont des membres de la famille, des amis, des gens de pouvoir, des adultes mais aussi des enfants eux-mêmes victimes de violence. Sous couvert de cet infâme grand silence qui ne fait que grandir, ils continuent d’agir en toute impunité. Et il est temps que cela cesse !
Les autrices dans une optique de dénonciation mais aussi d’aide et d’éducation, proposent à la fin du livre, des liens vers des centres d’aides aux victimes, des contacts de groupes de paroles et beaucoup d’autres informations pouvant être utiles aux victimes de violences sexuelles. Une œuvre importante et extrêmement émouvante.

Aurélie Zerouali, médiathèque Louis Aragon de Rosny-sous-Bois

L’auteur

Après des études de philosophie jusqu’en maitrise, Théa Rojzman qui dessine et écrit depuis toujours, suit une formation de thérapie sociale pour devenir psychothérapeute des groupes en crises. Mais elle réalise en même temps une première expérience d’autrice en bande dessinée en mettant son art au service d’une autobiographie familiale : « La Réconciliation » publiée chez JC Lattès en 2006 avec son père Charles Rojzman. Depuis lors, elle ne quittera plus son envie de faire des livres malgré d’autres activités professionnelles. Elle publiera ainsi en tant qu’autrice complète (scénario, dessin et couleurs) plusieurs albums : « Le Carnet de rêves » (éditions La Boîte à Bulles, 2009), « Sages comme une image » (éditions Les Enfants Rouges, 2010), « Chacun porte son ciel », un livre de poésie illustrée (éditions Le Moule à Gaufres, 2012), puis « Mourir, ça n’existe pas », mention spéciale du Jury pour le Prix Artémisia 2016 (éditions La Boîte à Bulles, 2015). Elle devient ensuite principalement scénariste et travaille avec plusieurs dessinateurs et dessinatrices : avec Anne Rouquette pour « Emilie voit quelqu’un » (éditions Fluide Glacial, 2 tomes), avec Jeff Pourquié pour « Assassins » et « Abdel de Bruxelles » pour Dominos aux éditions Fluide Glacial (2019). Elle réalise également des chroniques BD humoristiques pour les magazines « Le Cercle Psy » et « Psychologie Positive ».
Actuellement, elle se consacre exclusivement à la bande dessinée pour construire des récits nourris en partie de ces autres formations ou expériences professionnelles qui lui ont permis de croiser les savoirs et les intimités. Ses bandes dessinées mélangent les genres (humour, polar, histoire, jeunesse, conte…) tout en explorant inlassablement ses obsessions : la violence, la souffrance et les résiliences humaines. Outre « Grand Silence » avec Sandrine Revel, elle travaille sur « Pie XII, face au nazisme » (2 tomes) avec Erik Juszezak (éditions Glénat 2020), « Scum » avec Bernardo Munoz (éditions Glénat, 2021) et « Billie Bang Bang » (3 tomes) avec Steve Baker (éditions Le Lombard 2021).

Sandrine Revel est née en 1969 à Bordeaux, une région qu’elle n’a d’ailleurs pas quittée. Après les Beaux-Arts, elle se lance dans la BD en réalisant ses tous premiers albums « Bla Bla Bla ! » aux Éditions Le Cycliste, « L’Avenir est un Paradis » associé à Claude Bourgeyx pour Sud-Ouest Dimanche, puis la série « Un drôle d’ange gardien » avec Denis-Pierre Filippi récompensé d’un Alph’art jeunesse. En 2002/2003, elle réalise deux albums très personnels « Le 11e jour » aux Éditions Delcourt et « Intérieur Jazz », ouvrage dédié aux femmes de Jazz. Parallèlement à ses créations, elle assure de nombreux travaux d’illustration dans la presse jeunesse. Prix Artémisia pour « Glenn Could, une vie à contretemps », primée au FIBD d’Angoulême, au salon du livre de Montréal et nominée aux Eisner Awards de la Comic Con de San Diego, elle est toujours en quête de nouveaux défis. Ses influences se situent outre-Manche avec les illustrateurs Ralf Steadman, Ronald Sear, mais aussi des peintres comme Jean Rustin, Lucian Freud et Edward Hopper.

Grand Silence

Parution : 2021

ISBN : 978-2-344-04105-5

128 pages

Prix public : 16.99€€

Public : à partir de 14 ans