Éducation Médias & Information

LES OBJECTIFS :

– Comprendre les enjeux de l’éducation aux médias et à l’information et le rapport des publics aux médias.

– Acquérir et renforcer ses compétences informationnelles.

– Savoir élaborer et mettre en œuvre des projets EMI auprès de différents publics.

– Connaître les outils, ressources et partenariats pour conduire des projets EMI en bibliothèque.

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RENSEIGNEMENTS & INSCRIPTIONS : 
Pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre ce groupe de travail vous pouvez joindre les permanentes de l’association :

Sébastien Zaegel : sebastien.zaegel[@]bibliotheques93[.]fr

Hélène Loupias : helene.loupias[@]bibliotheques93[.]fr

ou au 01 48 45 95 52

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Permettre l’accès à des sources d’informations fiables et diversifiées – mais former, également, à l’esprit critique pour permettre d’appréhender ces dernières, de les confronter, de les articuler et de construire sa propre opinion – sont depuis l’origine des démocraties un enjeu majeur. Parallèlement aux mesures de sauvegarde d’une nécessaire indépendance des journalistes, et favorisant l’exercice éclairé de la citoyenneté, un vaste chantier d’éducation aux médias et à l’information est ainsi mené depuis des dizaines d’années, dont la Déclaration de Grünwald, adoptée à l’initiative de l’UNESCO dès 1982, a offert un premier cadrage théorique. Dessinant des pistes du côté de l’enseignement, de la communication et des outils d’analyse du paysage médiatique, il englobe également la question, devenue de plus en plus prégnante par la suite, du droit et des bonnes pratiques vis-à-vis des outils numériques.

Depuis le milieu des années 2000 en effet, la généralisation de l’usage des réseaux sociaux a fait de la diffusion d’informations – mais également, parfois, de leur production – l’affaire de toutes et tous. Par-delà l’enthousiasme légitimement éprouvé face à la constitution de ce nouvel espace public, des inquiétudes ont commencé à poindre face au corollaire de ce dernier, dont les modes de circulation de l’information peuvent favoriser les manipulations diverses, les phénomènes d’emballement et la propagation virale de rumeurs et de fausses informations. De nombreux faits d’actualité, pour certains très récents, ont pu ainsi nous montrer la puissance de déstabilisation qui, pour le meilleur et pour le pire, caractérise le paysage médiatique profondément transformé qui est désormais le nôtre. Alors que le concert « d’ère post-vérité » a émergé pour décrire l’évolution des interactions entre la politique et les médias, le 32e Baromètre de la confiance des Français·e·s dans les médias, réalisé par Kantar pour le journal La Croix, pointe la méfiance grandissante des populations envers les sources d’information traditionnelles, la remise en question de leur indépendance doublée d’une critique virulente du traitement de l’information. Or, cette mutation de la perception de l’information contraint les professionnel·le·s de la documentation à revoir leur positionnement et leur rôle de médiateur dans l’accès à l’information et à la connaissance, et à intégrer plus résolument encore l’éducation aux médias et à l’information (EMI) au panel de leurs compétences et de leurs missions.

Ce constat impliquant de nouveaux besoins de formation, l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis se propose de répondre par la constitution d’un nouveau groupe de travail à destination des professionnel·le·s de la lecture publique du 93.

Si plusieurs aspects abordés lors de cette formation croisent des compétences déjà maitrisées par les bibliothécaires (on peut notamment penser aux stratégies et outils de recherche documentaire, ainsi qu’aux procédures d’évaluation de fiabilité des informations – véritables cœurs de métier !), les procédures de fact-cheking et de débunkage, issu du monde du journalisme, peuvent très pertinemment les compléter. Du reste, un certain nombre d’études tendent à montrer que l’adhésion à des informations fausses est loin d’être l’apanage d’usagers crédules, mais relève de phénomènes d’entre-soi, de « bulles de filtres » résultant d’algorithmes dont les professionnel·le·s de la documentation, au même titre que n’importe quel internaute, sont soumis. Cette formation sera donc l’occasion d’une prise de distance et d’une réflexion vis-à-vis de ses propres biais, préjugés, et idées préconçues aux sujets de l’information.

S’inscrivant résolument dans le DIGCOMP – référentiel européen de compétences -, mais également dans le « Socle commun de connaissances et de compétences », l’EMI est par ailleurs une nouvelle opportunité pour les bibliothécaires de travailler aux côtés des acteurs de l’enseignement. Cette discipline, dont la formation proposée par l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis posera les bases, identifie en effet cinq grands domaines de connaissances communs pouvant faire l’objet de séquences pédagogiques spécifiques, à co-construire avec les enseignant·e·s, qu’il s’agisse du traitement de l’information et des données, des sciences de l’information et de la communication, de la création de contenus, des questions relatives à la sécurité et la citoyenneté et enfin des process liés à la résolution de problèmes.

Mais loin de se limiter à la question de l’action culturelle à destination des publics jeunes et des groupes scolaires, cette formation à l’EMI proposera, pour finir, une boite à outils très facilement mobilisables dans la relation de tous les jours aux usagers des bibliothèques, en intégrant sa composante intergénérationnelle. Les questions, en particulier, des postures professionnelles et des manières de questionner l’usager sur son rapport à l’information seront bien sûr centrales. L’idée étant de conforter l’assise théorique et les compétences pratiques qui assoiront la légitimité du ou de la bibliothécaire face à différentes situations rencontrées dans le cadre de ses missions. Des phénomènes de défiance envers la presse et les médias traditionnels jusqu’aux pouvoirs de persuasion exercés par les théories du complot, cette formation a pour vocation d’offrir aux bibliothécaires des pistes de réponse et de les conforter dans leur rôle d’incitateurs au débat et de sensibilisateurs à la richesse – mais aussi à la complexité – de l’environnement numérique et médiatique dans lequel nous vivons tou·te·s.